Voici une intervention de la conseillère municipale Dominique Duguet au sein du Conseil Municipal du 27 juin 2007. Le moins que l’on puisse dire c’est que cette séance fut très tendue.
Intervention de Dominique Duguet sur le casino de Ciboure
au nom du Groupe « Ciboure d’Abord »
Mr le Maire, Je compte sur vous pour respecter l’article 2121-19 du code général des Collectivités Territoriales ainsi que le règlement intérieur du conseil municipal relatif au droit d’expression des conseillers afin que je puisse terminer mon propos sur le sujet du casino.
Mr le Maire, notre groupe votera une nouvelle fois contre votre projet.
Nous avons vu dans la presse locale, que vous vous gaussiez de voir l’opposition de gauche s’élevait contre le principe de casino. Vous y faisiez référence à un projet antérieur d’Albert Péry.
Pour rappel, lors de sa dernière mandature, Albert Péry avait souhaité répondre à la demande d’un cibourien sur l’idée d’implantation d’un casino sur sa propre propriété.
Ce dossier avait fait l’objet de délibérations et débats au sein du conseil municipal de Ciboure.
Et je tiens à vous préciser que des membres éminents de votre majorité, présents ce soir autour de la table, n’ont pas hésité en leur temps à voter contre.
Je dirai que nous sommes donc à 1 point partout …
Il faut préciser que si ce dossier revient aujourd’hui, au sein de notre instance, c’est que les cibouriens se sont déplacés pour donner un avis défavorable à ce projet.
Le rapport du commissaire-enquêteur, c’est le moins que l’on puisse dire, est très curieux !
En voici les détails les plus incongrus :
- Il parle de recevoir 700 personnes au sein de cet ensemble alors que le nombre de places de parking n’est que de 85 ! (pour rappel, la salle de spectacles est prévue pour 200 personnes)
Un autre détail repris également par vous-même Mr le maire,
- Le pole d’emploi qui serait d’environ 75 personnes : or, sur la proposition de la société Tahoe, il ne s’agit que de 27 embauches (et ce, sur l’ensemble de l’exploitation) et 20 supplémentaires après l’autorisation des machines à sous.
Il faut préciser que les machines à sous ne sont accordées qu’au bout de la première année d’exploitation (voir le modus operandi de la société Tahoe).
Je relève que l’enquête commodo-incommodo porte sur une demande d’autorisation de pratiquer et d’exploiter seulement 3 jeux (plus les machines à sous) alors que le contrat de concession avec le casinotier en comportait 17 (plus les machines à sous).
Ces différents éléments auront donc une incidence logique sur le nombre des recrutements de personnel pour la mise en route du casino.
En conclusion, je dirai que les retombées en matière financière et emploi sont largement surestimées.
- Concernant la centaine d’associations cibouriennes : elles devront se partager les 5000 euros par an soit 50 euros chacune.
Nul ne doute qu’elles apprécieront !
Concernant la disponibilité de la salle de spectacle, elles devront également partager avec le comité des fêtes et l’office de tourisme de Ciboure qui sont prioritaires. Mais elles devront aussi partager cette salle avec la Société Tahoe qui a listé par moins de 275 spectacles par an.
Nul ne doute que là aussi les assos cibouriennes apprécieront !
- Je note également 2 erreurs portant sur le conseil municipal cité par le commissaire-enquêteur : sa date, il s’agit du 29 juin et non du 29 juillet 2005 ainsi que l’adoption de la délibération qui évidemment n’a pas été prise à l’unanimité !!!
Je me dispenserai de commentaire !
Je reviens aux intervenants de l’enquête publique
Je précise que sur 22 témoignages ; il y en a 13 défavorables et 9 favorables ;
Je relèverai 2 points non repris dans votre convocation :
D’une part, la surabondance de casinos sur la côte basque,
D’autre part, l’addiction au jeu en tant que problème de santé publique majeur
Une intervenante, assistante sociale de profession le met en exergue et un autre mentionne le rapport du 7 novembre 2006 du sénateur UMP Mr Trucy.
Ce rapport de 362 pages accorde à la dépendance au jeu une grande partie. On y parle de problème de société et de santé publique. Cette prise de conscience, le sénateur UMP en fait son mea culpa en s’adressant, je cite, « de sincères et cinglants reproches pour n'avoir, dans le rapport I de 2002, consacré qu'une place insuffisante aux problèmes du jeu addictif. C'est aussi une grande motivation pour donner, dans ce rapport II, un développement convenable à un problème qui, de surcroît, a pris une grande ampleur en quatre ans.» Fin de citation.
Ce rapport parle également, entre autres sujets, d’une crise des jeux qui s’installe en France.
Il montre une stagnation des affaires des casinos ; les années 2004 et 2005 ayant été décevantes ; de plus, les jeux traditionnels choisis par la société Tahoe pour lancer le casino de Ciboure (la roulette anglaise, le black-jack et le stud poker ) ont un produit brut des jeux en perte d’évolution.
Je m’arrêterai là car pour moi et mes collègues, ces éléments suffisent nettement pour s’élever contre votre projet, Mr le Maire.